Ode à l’Apesanteur - au rendez-vous des étoiles - "Quand les hommes savaient voler", de Virginia Hamilton, Contes & légendes pour la jeunesse
- Ascendances

- 16 déc. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 janv.

Ode à l’Apesanteur -
au rendez-vous des étoiles
En hommage à Bertrand de Najac
Pour agrandir l’espace démesurément
Pour déchirer le ciel étriqué
De nos rêves étiolés balbutiés
L’homme a battu la mesure
Martelé le sol de ses pieds endiablés
Pour résister et pour survivre
Merengue merengue merengue
Il a dessiné des arabesques sonores
Dans l’air écartelé
Riant aux exploiteurs de ce rire d’esclave
Qui sait qu’il est toujours libre
Et qu’il peut s’envoler à tout instant
Quand les hommes savaient voler
Les négriers écumaient de rage
Les empereurs se noyaient
Dans des peintures incarnées
Dans le drapé écarlate de leurs parures
L’homme osait devenir
Dieu barbare guerrier sidéral
Battant la mesure
Sous le fouet et le fléau
Délivrant le rythme solaire et la magie de la nuit
Il inventait des étoiles voyageuses
Et des mondes en partance
Dans le désert de son âme
Bouleversant l’ordre établi
La chape de plomb des tortionnaires
L’homme volait à travers les barreaux de l’oubli
La décrépitude et l’aliénation
Le pourrissement des travaux forcés
Il volait à travers sa misère
A travers le vide de sa pensée
Muet géant d’outre-monde il voyageait odysséen
Descendait orphique aux enfers
Pour retrouver le feu de son esprit
L’homme battait la mesure
Pour casser les gangues culturelles
Les baillons hypocrites
Les modes religieuses
Et les masques merdeux
Pour catalyser la boue qui l’enserre
Pour un poème d’ailes à l’air libre
POUR QU’ADVIENNE LA DÉMESURE
DES ANGES PAR-DELÀ LE MIROIR DES ICÔNES
Inlassablement
A tue-tête
A tue-dieu
Il éclatait le monde clos des conquêtes
Pour retrouver l’or volé de l’éternité
Musicien-alchimiste
Il entrouvrait le ciel pour y danser triomphal tonitruant
La Parade Sauvage de la Cinquième Essence
Incendie des litanies grimaçantes
Des vœux pieux assassins
POUR AGRANDIR L’ESPACE DÉMESURÉMENT
Il abolit le monde le bien et le mal
Il oublia l’eau la terre et le ciel
TOTALE DISSOLUTION DE TOUS LES BLOCS
Pulvérisation des dogmes
Dans la foulée cosmique
RÉINVENTER L’UNIVERS DANS LE SANG DE L'ÉTONNEMENT
Et fabriquer l’archet qui met le feu aux poudres aux yeux
AVRIL 1998
Références

Quand les hommes savaient voler
Virginia Hamilton
Catégorie : Contes & légendes pour la jeunesse
" On dit qu'autrefois, il y a très longtemps, certains possédaient des dons magiques. Ils montaient dans les airs comme on escalade un mur. Mais une fois emmenés en esclavage, privés du doux parfum de l'Afrique, ils n'ont pu emporter leurs ailes. Il n'y avait pas assez de place dans les bateaux."
Alors, pour raconter ses épreuves et sa croyance en la liberté un jour retrouvée, le peuple noir d'Amérique a mélangé des mots, eux, emportés d'Afrique, à l'anglais qui lui était imposé, et " Peut-être bien que Jim parlait trop, mais c'est comme ça qu'il est devenu un homme libre".
i Vingt-quatre contes courts, drôles, parfois cruels, souvent surprenants, où l'on croise Frère Lapin, malin comme pas deux, Pàs-encore et Déjà-plus, P'tit John Huit, qui n'en fait qu'à sa tête, l'Homme velu, terrifiant, et Néhémiah qui fit rire son maître ; ils ont été choisis par Virginia Hamilton, elle-même petite fille d'esclave, parmi ceux qu'elle a entendus, enfant, une fois que " les gens qui pouvaient raconter furent libres ".
Source : Sorbier (Editions du)




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