Rêve, Hommage à Maurice Renard
- Ascendances

- 5 juin
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Dernière mise à jour : 14 juin
RÊVE
à Maurice Renard

Vous allez sourire...
J’ai encore fait un rêve. Peut-être dormais-je éveillé ? Ou bien cela était-il réel ? Notre planète devenait un cerveau et nous étions ses cellules, grises. Non pas noires ni blanches ni rouges mais bien grises. Grises mais pas tristes, juste un peu grisées par le plaisir d’appartenir au même organisme et d’entretenir la vie. Imaginez des milliards de cellules se reliant les unes aux autres et conversant pour mouvoir un corps invisible, s’alliant, s’unissant dans la plus parfaite harmonie, la plus grande convivialité pour ne faire qu’un, pour conjuguer ses forces, ses compétences, partager sa générosité au service de l’humanité. J’ai fait ce rêve, je vous l’assure. Il était bien réel. Il était à portée de main, à portée de voix et tout ce petit monde avançait à pas de géant dans une harmonie retrouvée. Sa progression était exceptionnelle. Il avait aboli les frontières du temps, de l’espace, du matériel et de l’intellectuel, de l’affectif et du passionnel, s’était libéré des scléroses, des enclaves et des gangues morales, des chapes de plomb médiatiques, idéologiques, sectaires, militaires, industrielles, économiques et capitalistes. Il avait trouvé la pierre, Philosophale, la Vraie, l’Unique, la Rose des Alchimistes. Il avait découvert le secret de l’Or Intérieur et toute la pacotille il s’en était débarrassé pour parer au plus pressé, pour traiter l’Essentiel. Il avait restauré la Nature avilie, humiliée, avait réparé les vilenies commises, stoppé l’autodestruction de sa propre cervelle. Il ne cherchait plus dans les espaces intersidéraux pour savoir s’il était seul ou pas (quelle question!) mais avait réellement pris conscience de sa multiplicité, de sa richesse dans la différence et s'attachait à respecter et à préserver cette variété. Non ! Il ne serait plus jamais seul ce petit monde car il s'était trouvé enfin habité par une multitude de mondes qu’il avait cru pouvoir esquiver. Il s’acceptait tel qu’il était et se trouvait beau et passionnant. Une Science Nouvelle prenait son essor.
Une Science au service du vivant. Une intelligence authentique.
Il savait bien, ce petit monde de neurones jadis agités dans tous les sens dans le même bocal, que ce n’était que le début d’une longue histoire.
La Terre venait de naître, de prendre une dimension pensante, elle suivait une voie pleine d’espoirs. Il s’agissait désormais de grandir, de mûrir pour que tous les habitants puissent jouir de toutes les découvertes déjà réalisées et participer à la marche de la Planète Pensante et Communicante. Mais sauraient-elles un jour, toutes ces petites cellules grises laborieuses, à quelle fin véritable elles travaillent ? Pas vraiment et nul ne pouvait le prétendre, chacun apportant sa pierre à l’édifice en train de se construire. Chacun exerçant son pouvoir dans le sens du Progrès sans se poser de question sur la nécessité de son intervention. Il aurait fallu être un dieu doué d’omniscience pour se représenter globalement le SENS de ces milliards d’actions convergeant vers quoi ?Sans doute n’ai-je fait que rêver ?
PCB
18/ 4/ 1996
Repères
Le Péril bleu. Le Docteur Lerne. Les mains d'Orlac. La rumeur dans la montagne.
Maurice Renard (1875-1939)
Maurice Renard naît le 28 février 1875 à Châlons-sur-Marne, dans une famille bourgeoise de magistrats. C'est à Reims, où son père préside le tribunal d'instance, qu'il passe l'essentiel de son enfance, marquée par ses lectures de Dickens et d'Edgar Poe. Bedetheque
Après son baccalauréat en lettres et philosophie (1894) et trois années de service militaire à Reims (1896-1899), durant lesquelles il découvre H. G. Wells, il s'installe à Paris pour y faire des études de droit, qu'il abandonne rapidement au profit de la littérature. Bedetheque
Sous le pseudonyme de Vincent Saint-Vincent, il publie en 1905 son premier recueil de contes, Fantômes et fantoches. Son premier roman, Le Docteur Lerne (1908), dédié à H. G. Wells, explore le thème du savant fou ; il est suivi du Voyage immobile (1909), puis du Péril bleu (1912), roman remarqué par Louis Pergaud. Babelio
Considéré comme un « Wells français », Renard occupe une place cruciale dans l'histoire de l'anticipation française, tant par son œuvre de fiction que par la réflexion théorique qu'il mène sur le genre — qu'il baptise lui-même le roman merveilleux-scientifique. Pour lui, ce type de récit doit reposer sur un « sophisme », c'est-à-dire une prémisse fausse (une loi scientifique modifiée), à partir de laquelle l'auteur développe un raisonnement rigoureusement logique. ReS Futurae Wikipedia
Parmi ses œuvres les plus célèbres figurent Les Mains d'Orlac (1920), L'Homme truqué (1921), Un homme chez les microbes (1928) et Le Maître de la lumière (1933). Malgré son importance dans la SF française du début du XXͤ siècle — comparable à celle de Rosny Aîné ou de Jacques Spitz —, il est aujourd'hui quelque peu oublié. Booknode
Il meurt le 18 novembre 1939 à Rochefort. Bedetheque



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